Lettres à l'Être PDF Imprimer E-mail

d'Osho

Lettres à l'Être par Osho

Recto du livre en grand
Verso du livre en grand

ISBN 2-940095-11-6
168 pages

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Cent vingt lettres, autant de graines de sagesse, écrites par Osho à une disciple bien-aimée, Ma Anandmayee.

Prologue

Moi aussi je suis un jardinier. J’ai semé quelques graines, elles ont germé... et maintenant, elles ont fleuri. Ma vie tout entière est remplie du parfum de ces fleurs. Grâce à ce parfum, je suis dans un monde différent. Ce parfum m’a donné une nouvelle naissance et je ne suis plus ce qu’on peut voir avec des yeux ordinaires.

L’invisible et l’inconnu ont ouvert leurs portes closes. Ce que j’ai trouvé, ce que j’ai connu désire se répandre. Souvenez-vous que lorsque les nuages sont pleins d’eau, ils doivent se vider. Et quand les fleurs sont pleines de parfum, elles doivent le répandre librement dans le vent. Quand une lampe est allumée, la lumière rayonne forcément.

Quelque chose de semblable m’est arrivé, et les vents emportent loin de moi les graines d’une révolution intérieure. Je ne sais pas dans quels terrains elles vont tomber et qui les cultivera. Je sais seulement que c’est à partir des mêmes graines que je suis arrivé aux fleurs de la vie, de l’immortalité, du divin. Et quel que soit le sol où elles se posent, ce sol même deviendra les fleurs de l’immortalité.

Par la connaissance on connaît Dieu;
dans l’amour on devient Dieu.

Dans la mort se cache l’immortel et la mort contient la vie, tout comme les fleurs sont cachées dans le sol. Mais le potentiel du sol ne peut jamais s’actualiser en l’absence des graines. Les graines rendent manifeste ce qui était non-manifesté et expriment ce qui était latent.

Tout ce que j’ai, tout ce que je suis, je veux le répandre comme des graines de sagesse, de conscience divine. Ce qui est atteint par la connaissance, l’amour le distribue en abondance. Par la connaissance on connaît Dieu; dans l’amour on devient Dieu. La connaissance est la discipline spirituelle, l’amour est l’accomplissement.

Extrait

En tant que tel,
le renoncement n’existe pas

Je m’étais rendu dans un village. J’y entendis quelqu’un dire: «La religion réside dans le renoncement, et le renoncement est une discipline ardue et exigeante.»

En entendant cela, je me souvins d’un incident de mon enfance. J’avais accompagné un groupe parti pique-niquer au bord de la rivière. La rivière était petite, mais elle avait une vaste plage de sable. Sur cette rive sablonneuse se trouvaient beaucoup de cailloux aux couleurs lumineuses. Je sentis que j’étais tombé sur un trésor. Le soir, j’avais ramassé tant de cailloux qu’il était impossible de les ramener à la maison. Quand je dus les abandonner derrière moi, les larmes me montèrent aux yeux. Je fus surpris de voir le manque d’intérêt de mes compagnons pour ces cailloux.

Ce jour-là, j’ai eu l’impression qu’ils étaient de grands renonçants. Aujourd’hui, quand j’y pense, je vois qu’une fois que vous avez découvert ce qu’étaient des pierres, il n’est plus question de renonciation.

L’ignorance est complaisance.

La connaissance est renoncement.

Le renoncement n’est pas une action; ce n’est pas quelque chose à faire, cela arrive tout simplement. C’est le résultat naturel de la connaissance. La complaisance est mécanique: ce n’est pas une action non plus – c’est le résultat naturel de l’ignorance.

Nous n'abandonnons que notre esclavage, mais nous gagnons la libération.

C’est pourquoi l’idée que le renoncement est une tâche dure et ardue n’a pas de sens. Tout d’abord ce n’est pas un acte – seules des activités peuvent être difficiles et ardues – c’est un résultat. Deuxièmement, dans le renoncement, ce qui semble tomber est sans valeur, et ce qui est atteint est sans prix.


En fait, en tant que tel, le renoncement n’existe pas, car nous gagnons infiniment plus que nous ne perdons. La réalité, c’est que nous n’abandonnons que notre esclavage, mais nous gagnons la libération; nous n’abandonnons que des coquillages, mais nous recevons des diamants; nous n’abandonnons que la mort, mais nous atteignons l’immortalité; nous ne quittons que l’obscurité mais nous atteignons la lumière – éternelle et infinie.

Où est donc le renoncement? Ne rien abandonner et tout recevoir ne peut se qualifier de renoncement.